Ce palmarès taxe de bienvenue classe les grandes villes du Québec du moins cher au plus cher, avec une surprise : Montréal, réputée la plus chère, ne l’est pas toujours. Les droits de mutation immobilière, plus connus sous ce surnom, ne sont pas les mêmes partout au Québec, mais l’écart entre les villes ne se fait sentir qu’à partir d’un certain prix.
- Sous 500 000 $, la ville n’a aucune importance : la taxe de bienvenue est identique partout au Québec
- Au-delà, chaque ville choisit son propre taux additionnel (jusqu’à 3 %, ou plus pour Montréal)
- Laval, Gatineau, Sherbrooke, Lévis et Trois-Rivières appliquent le taux maximal de 3 % dès 500 000 $
- Montréal, malgré sa réputation, reste moins chère que ces villes jusqu’à plus de 3 000 000 $
- Longueuil est la seule à repousser son seuil à 630 100 $ plutôt que 500 000 $
D’où vient le nom « taxe de bienvenue » ?
Le nom officiel de cette taxe est droits de mutation immobilière (on l’appelle aussi taxe de mutation). « Taxe de bienvenue » n’est qu’un surnom populaire, mais c’est celui que la plupart des gens utilisent pour la chercher, alors on l’emploie aussi dans cet article.
La légende veut que le surnom « taxe de bienvenue » vienne du nom d’un ministre, Jean Bienvenue, qui aurait instauré la taxe. C’est faux. La loi qui a créé les droits de mutation immobilière a été adoptée en 1976 sous le gouvernement péquiste de René Lévesque. Jean Bienvenue, lui, était ministre de l’Immigration dans le gouvernement libéral précédent, défait quelques mois plus tôt. Il n’a ni parrainé le projet de loi ni recommandé la mesure. Le mythe provient d’un article de La Presse publié en 1993, qui a créé cette fausse association restée dans l’imaginaire collectif depuis. Le vrai surnom vient plutôt d’un jeu de mots ironique : une facture surprise de plusieurs milliers de dollars, présentée comme un « cadeau de bienvenue » dans votre nouvelle propriété.
Pourquoi le prix change tout
La loi québécoise impose un barème de base identique partout : 0,5 % sur les premiers 62 900 $, 1,0 % jusqu’à 315 000 $, puis 1,5 % au-delà. Chaque municipalité peut ensuite, par règlement, ajouter sa propre tranche sur la portion qui dépasse 500 000 $, jusqu’à 3 %, sauf Montréal qui a le droit d’aller plus loin.
Résultat concret : pour une transaction de 500 000 $ ou moins, les 10 municipalités de ce palmarès taxe de bienvenue affichent exactement le même montant, 5 610,50 $. Le classement ne commence à exister qu’au-dessus de ce seuil, et il devient de plus en plus marqué à mesure que le prix grimpe.
Le palmarès à 750 000 $
Contre 10 349 $ à Montréal pour la même valeur d’achat, un écart de plus de 2 700 $, uniquement à cause du choix de barème de chaque ville.
Le palmarès à 1 000 000 $
Plus le prix grimpe, plus l’écart se creuse, et plus la position de Montréal devient contre-intuitive.
| Rang | Ville | Taxe de bienvenue | Taux effectif |
|---|---|---|---|
| 1 (moins cher) | Reste du Québec | 13 111 $ | 1,31 % |
| 2 | Montréal | 15 349 $ | 1,53 % |
| 3 | Saguenay | 18 111 $ | 1,81 % |
| 4 | Longueuil | 18 659 $ | 1,87 % |
| 5 | Québec | 19 361 $ | 1,94 % |
| 6 (à égalité) | Laval, Gatineau, Sherbrooke, Lévis, Trois-Rivières | 20 611 $ | 2,06 % |
Calculez votre propre montant
Ces chiffres sont des exemples à prix ronds. Pour votre situation exacte, utilisez notre calculateur de taxe de bienvenue : sélectionnez votre ville et ajustez la valeur de la transaction pour voir le détail complet, tranche par tranche.
Pourquoi ces écarts existent
La loi québécoise fixe un plafond de 3 % pour la tranche additionnelle de la plupart des municipalités, mais chacune décide librement si elle l’adopte, à quel taux, et à partir de quel seuil. Trois approches se dégagent parmi les grandes villes :
- Le taux maximal dès 500 000 $ : Laval, Gatineau, Sherbrooke, Lévis et Trois-Rivières appliquent directement 3 % sur toute la portion excédentaire, l’approche la plus simple, et la plus coûteuse pour les propriétés au-dessus de ce seuil.
- Une montée progressive : Québec et Saguenay ajoutent un palier intermédiaire à 2,5 % avant d’atteindre 3 % (respectivement à 750 000 $ et 1 000 000 $), ce qui adoucit la facture pour les propriétés de milieu de gamme.
- Un seuil repoussé : Longueuil garde le taux de 3 %, mais ne l’applique qu’à partir de 630 100 $ plutôt que 500 000 $, un choix qui avantage les acheteurs entre ces deux montants.
- Le régime spécial de Montréal : autorisée par une loi particulière à dépasser le plafond de 3 %, la ville étale sa progression sur sept tranches jusqu’à 4 %, ce qui la rend en fait plus douce que le taux fixe des autres grandes villes… jusqu’à un certain point.
Ce qu’il faut retenir de ce palmarès taxe de bienvenue
Sous 500 000 $, la ville où vous achetez n’a aucun effet sur votre taxe de bienvenue. Au-delà, le choix de barème de chaque municipalité crée des écarts réels, et Montréal, malgré sa réputation, n’est pas toujours la plus chère. Utilisez notre calculateur de taxe de bienvenue pour connaître le montant exact selon votre ville et votre budget.
Questions fréquentes
Pourquoi appelle-t-on ça la « taxe de bienvenue » ?
Contrairement à la légende répandue, le surnom ne vient pas du ministre Jean Bienvenue. Il n’a jamais été associé à cette loi, adoptée en 1976 sous un autre gouvernement que celui où il siégeait. Le vrai nom officiel est droits de mutation immobilière; « taxe de bienvenue » est un surnom populaire, ironique, qui compare la facture à un « cadeau de bienvenue » dans votre nouvelle propriété.
Pourquoi la taxe de bienvenue est-elle identique partout sous 500 000 $ ?
Parce qu’aucune municipalité du Québec n’a le droit d’ajouter une tranche additionnelle sous ce seuil, c’est le plancher fixé par la loi provinciale. Le barème de base (0,5 % à 1,5 %) s’applique donc de façon identique, peu importe la ville.
Montréal est-elle vraiment la ville la plus chère pour la taxe de bienvenue ?
Pas nécessairement. Le barème de Montréal progresse plus graduellement que le taux fixe de 3 % adopté par plusieurs grandes villes. Jusqu’à environ 3 113 000 $, Montréal est souvent moins chère que Laval, Gatineau, Sherbrooke, Lévis ou Trois-Rivières pour une même valeur d’achat.
Quelle est la ville la moins chère parmi les grandes villes du Québec ?
Au-delà de 500 000 $, Saguenay et Longueuil offrent généralement les montants les plus bas parmi les villes ayant une tranche additionnelle, grâce à un palier intermédiaire ou à un seuil repoussé. Les municipalités qui n’ont adopté aucune tranche additionnelle restent toutefois moins chères que toutes les grandes villes de ce palmarès.
Ce palmarès taxe de bienvenue sera-t-il mis à jour chaque année ?
Oui. Les seuils sont indexés annuellement et certaines villes ajustent leur barème en cours d’année (Gatineau l’a fait en février 2026). Ce palmarès taxe de bienvenue est révisé chaque année avant la période des déménagements estivaux.
Est-ce que je peux comparer ma propre ville si elle n’est pas dans ce palmarès taxe de bienvenue ?
Ce palmarès couvre les 9 plus grandes villes du Québec par population. Pour les autres municipalités, notre calculateur de taxe de bienvenue applique le barème de base. Vérifiez auprès de votre municipalité si elle a adopté sa propre tranche additionnelle.
Sources et références
- Gouvernement du Québec, Droits sur les mutations immobilières
- Ville de Montréal, Comment sont calculés les droits sur les mutations immobilières
- Finances Québec, Crédit d’impôt remboursable pour l’accès à la propriété (avril 2026)
- Ville de Québec, Droits sur mutation immobilière
- Ville de Longueuil, Calculette des droits de mutation
- Ville de Gatineau, Base d’imposition, droits de mutation immobilière
- Ville de Sherbrooke, Droits de mutation immobilière
- Ville de Lévis, Droit de mutation
- Ville de Saguenay, Droit de mutation immobilière
- Ville de Trois-Rivières, Taxes, droit de mutation immobilière
- Wikipédia, Taxe de bienvenue, origine du nom